Rocher rouge

Eric BORG, Michaël SANLAVILLE

Casterman, 2009
119 pages. 16 euros



Déposés sur une île, des copains vont vivre pour trois jours une vie rêvée de Robinson. Mais les choses vont rapidement dégénérer. Une légende rapporte que l'île abriterait le Maboukou, un monstre décapiteur.

De premier abord, on pense à une bd pour ados avec drague et jalousies sur fond proche de Koh Lanta. Mais l'atmosphère empire progressivement et le séjour de rêve se transforme en cauchemar. Le lecteur assiste aux changements de la psychologie des personnages qui aboutissent au "pétage de plomb" de l'un des "amis".

L'intrigue est plutôt bien menée et l'on passe rapidement du genre histoire gentillette pour fils à papa, à un scénario d'horreur. Le dessin reste simple et sans trop de détails, bien que les expressions et notamment l'horreur, soient marquées. Les couleurs sont cependant un peu ternes. Un huis clos en forme de "one shot" par lequel le lecteur est facilement conquis.

On trouvera ici une interview des deux auteurs.

Marc Suquet


Quelque part entre Freddy contre Jason et Smog, les critiques de cinéma ont inventé un nom pour les films d'horreur où ça "dézingue" à tour de bras : le slasher-movie. Qui dira assez le talent qu'ont les anglo-saxons pour les onomatopées parlantes ? Slash ! On visualise tout de suite le couperet qui tombe et son sifflement sauvage et définitif...

Rocher rouge est dans la droite ligne de ces scénarios pop-corn où plein de filles à la poitrine plus ou moins développée sont souvent généreusement dénudées et crient en escaladant à toute vitesse des escaliers qui les coincent plus sûrement qu'un labyrinthe compliqué dans des voies sans issue (bon, là je vous l'accorde comme on est sur une île censément déserte 'ya pas d'escalier). On peut donner du crédit au tandem ayant réalisé cet album. La progression du récit d'une ambiance ciel bleu, galipettes et cocotiers vers un bon au-secours-maman-j'ai peur-ouaaargh-glgl est rondement menée. Toute la nature se pare de couleurs hostiles dès que le groupe de jeunes friqués se risque d'une tong à l'intérieur de la forêt, et bien entendu ça finit très mal, avec retournements de situations de dernière minute syndicaux à la clé. A réserver pour un public un peu amateur. Pour ceux qui préfèrent la version animée sur écran, je ne saurai trop conseiller de (re)regarder ce chef d'oeuvre du genre que constitue la trilogie Scream de Wes Craven, une leçon de cinéma en forme d'ode à l'hémoglobine et d'hommage à tous les maîtres farfelus qui la vénèrent. Au fait, vous saviez qu'un quatrième volet est prévu pour 2010 avec de nouveau l'inénarrable Neve Campbell ?

Marion Godefroid-Richert

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