Canoë Bay

Tiburce OGER, Patrick PRUGNE

Daniel Maghen, 2009
78 pages. 15 euros



Jack est à peine né depuis 3 jours qu'il se retrouve seul au monde. Sa mère au moment de mourir lui laisse un médaillon et peu d'avenir. En effet nous sommes dans les années 1750 en Amérique du Nord. Élevé à la dure dans un orphelinat, il va faire partie du "grand dérangement" durant lequel des milliers d'acadiens se retrouvent déportés par les Britanniques qui prennent possession de leurs terres.

Il va être alors enrôlé de force dans la marine marchande britannique et devient mousse sur le Virginia. Le contremaitre n'est autre qu'un homme étrange et déroutant prénommé Lucky, "parce qu'il n'avait jamais eu d'accident ni maladie et qu'il avait connu plus de 10 abordages dans la Navale...". Il va sauver la vie de Jack et de son compagnon d'infortune Andrew.

Mais qui est vraiment cet homme, que cache son passé, quelle force et quel secret poussera le jeune Jack à le suivre jusqu'à Canoë Bay ?

Superbe album que Canoë Bay tant au niveau graphique qu'épique. L'histoire de Jack et de son amitié pour cet homme étrange et déroutant va nous transporter dans le monde libre et rude des "frères de la côte", jusqu'aux forêts d'Amérique du Nord. Et tous ces voyages se feront sur le rythme apaisant des très belles cases aquarellées de Patrick Prugne, tandis que le découpage du récit nous plonge rapidement dans cette aventure romantique.

Bien que l'histoire en elle même ne m'ait pas totalement transportée, je suis sortie ravie et conquise par la lecture de Canoë Bay. Sans tomber dans le travers de la comparaison, je dirais quand même que j'ai eu autant de plaisir visuel avec Canoë Bay qu'avec un des très (trop) nombreux album d'Herman : une histoire souvent vue mais les dessins... ah les dessins !

Annecat


En 1756, Anglais et Français s'opposent en Amérique du nord. Jack, un jeune garçon de 10 ans, s'enrôle comme mousse sur un navire marchand anglais. Mais l'équipage, composé d'anciens bagnards, se rebelle et Jack devient flibustier, comme l'étaient ses parents.

Le point fort de l'album c'est le dessin. Des aquarelles superbes, bien colorées sans que cela soit criard. Le lecteur découvre un travail d'orfèvre bien loin des colorisations à l'ordinateur qui enlèvent personnalité et profondeur à certaines bd.  Les cases sont élégantes et on ne peut qu'admirer le superbe travail de Patrick Prugne, complété en fin d'album par un dossier de 24 pages de croquis et essais.
Les personnages de l'histoire sont aussi bienvenus et parmi eux, Lucky Roberts, en réalité John Place, qui a connu sa première mutinerie à l'âge de 18 ans. Un flibustier décidé et violent mais généreux quand il libère les esclaves noirs et protecteur de Jack.
La présence d'une trame historique renforce le récit : on se situe après le grand dérangement durant lequel les anglais chassent de leur pays les acadiens qui ont refusé de leur apporter une aide dans leur combat contre les français. Le contexte de la flibuste porte l'histoire : de Tortuga dans les Caraïbes, lieu de cache de flibustiers, à Jack, fils présumé d'Anne Bonny et Jack Rackham. Et pourtant, le scénario n'est pas le point le plus fort de ce travail : la recherche du trésor de Jack Rackham est ainsi peu poussée .
On en ressort, conquis par l'esthétique de l'album et par une histoire que le lecteur se laisse malgré tout conter avec intérêt. Un vrai plaisir.
On trouvera ici un portrait de Patrick Prugne qui a découvert la bd par Oumpah pah

Marc Suquet

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