O'BOYS

Steve CUZOR, Philippe THIRAULT

Dargaud, 2009
Tome 1. Le sang du Mississippi
64 pages. 13 euros



Il s'appelle Huck Finn, il a un frère Tom débrouillard comme pas deux et "rapide comme le serpent-oiseleur...". Tous les deux ont pour père un alcoolique invétéré, Joe Finn surnommé "Tape dur". Un beau jour le vieux tape dur va aller trop loin. Alors pour sauver son frère Tom, Huck va organiser sa fuite. A partir de là tout va se précipiter, laissant Huck aux mains des Denis, éleveurs de Catfish et chrétiens sans enfants. C'est sur la ferme que son destin va se lier à celui de Charley William.
Ce qu'ils ont en commun : l'amour de la musique et la poisse ! Ce qui les différencie : l'un est blanc, l'autre noir et dans les années 30 aux États Unis ce n'est pas une mince différence.
Toute une suite d'embrouilles les conduiront à devenir des "hobos" et à entamer un voyage initiatique à travers cette bonne vieille Amérique, périple dont un ne reviendra pas...

Ah qu'il est bon ce parfum d'enfance aux couleurs de Tom Sawyer et de son copain Huckleberry Finn. Là aussi il y a du drame, de la vengeance, du racisme, de l'amitié et du suspens. Là aussi, nos héros ne trouvent leur liberté que dans la fuite.
Comme vous l'aurez compris, rien de bien original dans ce premier tome , les dessins de steve Cuzor, assez classiques renforçant encore cette impression.
Pourtant, cet album qui met en place le contexte et les personnages est assez plaisant à lire par sa description de la société de l'époque avec ses à priori et son racisme (seulement de l'époque...à voir), mais aussi et surtout pour les possibilités d'histoires qu'il offre à la fin.

Confirmation dans le tome 2 que l'on espère ne pas attendre trop longtemps.

Annecat


Je ne reviendrai pas sur le scénario de ce premier opus, si parfaitement résumé par Anne-Catherine dans la chronique précédente. Je suis entièrement d'accord sur le dessin, très classique et assez proche de celui de Jean Giraud dans la série des Blueberry. Quant à la tonalité du discours, elle pourrait être assez bien rendue par cette vieille blague qui donne toute l'essence du blues : un noir descend une rue avec une unique chaussure au pied ; un deuxième noir qui remonte la rue l'apostrophe en passant : "Eh, mon frère, tu as perdu une de tes pompes !". Le premier lui répond alors en riant : "Non, mon pote, j'en ai trouvé une !". Toute une philosophie de résignation sans auto-apitoiement autour de la poisse et de la misère. O'boys c'est ça sans plus. Autant dire que je n'ai pas trouvé l'album transcendant, qu'évidemment n'est pas Mark Twain qui veut et qu'en ce qui me concerne je passerai mon tour sur le deuxième volet. Parce que n'est pas non plus Jack Kerouac qui veut.


Marion Godefroid-Richert

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