44 jours

David PEACE

Rivages, 2008
364 pages. 22 euros



"Je ne crois pas en Dieu. Je ne crois pas à la chance. Je crois au football. Je crois à la famille et je crois en moi : Brian Howard Clough" (page365)

Décembre 1962, Sunderland, port anglais sur la Mer du Nord.

Le pire hiver du XXème siècle commence le lendemain de Noël. Ce sera aussi la pire journée de la vie du footballeur Brian Clough, avant-centre de l'équipe locale. Il est gravement blessé au genou : déchirure totale  des ligaments croisés et collatéral interne.
Plus grave qu'une jambe cassée ?
Il a 29 ans. Il a marqué 251 buts en 274 matchs, Un record.
"Un putain de record en deuxième division !"
Ce Noël 1962, il a tout perdu.
Il a peur de l'avenir.
Il n'a plus d'avenir !...

C'est ainsi que commence le récit, "le roman sur le foot", le thriller, le roman noir de David Peace. 44 jours est tout cela à la fois. L'auteur nous raconte les 44 jours (d'où le titre) passés par Brian Clough, du 31 juillet au 12 septembre 1976, à la tête de l'équipe de Leeds, championne en titre d'Angleterre. Brian Clough, légende du football britannique et manager mythique, personnage charismatique et controversé, avide de gloire et d'argent, colérique voire violent, "la plus grande gueule du football", idéaliste, sincère et attachant, sera contraint de démissionner sous la pression des dirigeants, des joueurs, des supporters et des médias.
Il n'aurait jamais dû prendre les rênes de l'équipe de Leeds. Il le savait pourtant ! Changer l'âme d'une équipe violente et truqueuse était une mission impossible, perdue d'avance, pour un manager honnête, adepte du beau jeu.

Ce récit (diffamatoire, selon la famille de Clough, décédé en 2004) est bâti comme un monologue intérieur, celui de Brian Clough, dont l'histoire se divise en deux parties, montées en alternance.
La première décrit l'ascension de Clough, devenu un manager reconnu après sa grave blessure de décembre 1962. La seconde traite des 44 jours passés à la tête de Leeds, "44 jours de calvaire, de désillusions, de cognac et de pluie". (Le choix des bibliothécaires)

J'ai beaucoup aimé la chronique de ce personnage hors du commun, fidèle à ses valeurs et à ses convictions. J'avais déjà apprécié les romans précédents de David Peace, "le James Ellroy britannique", "une des plumes les plus marquantes du roman noir anglais" (l'ours polar).
44 jours est un roman passionnant, même pour ceux que le football laisse indifférents !

A GREAT BOOK !

Roque Le Gall

partager sur facebook :