Medz Yeghern

Paolo COSSI

Dargaud, 2009
100 pages. 9 euros



Aram échappe par miracle au massacre de son groupe d'Arméniens par des soldats turcs. Il se lie d'amitié avec Murat, un jeune turc, qui le sauve en risquant sa vie. Plusieurs autres témoignages permettent au lecteur de comprendre l'horreur du génocide arménien.

Medz Yeghern c'est le grand mal, celui du génocide arménien. Perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, le génocide a fait près d'un million et demi de morts, soit les 2/3 de la population arménienne sous souveraineté ottomane. Son existence a été reconnue par le Parlement européen en 1987. En 2003, 14 parlements nationaux avaient reconnu l'existence du génocide arménien, mais toujours pas le gouvernement turque. Les forums du net sont encore actuellement le témoin de cette négation (voir ici en bas de page). Aussi, faire une BD sur ce sujet ne peut être que salutaire.

L'histoire est simple : faite de témoignages d'arméniens, d'allemands mais aussi de turcs sur ces atrocités. On découvre ces terribles événements à travers ces différents regards. Les histoires ont été transmises par des arméniens à l'auteur (voir ici). Le lecteur est également témoin de l'horreur imaginée par les turcs : femmes violées, hommes torturés, enfants massacrés mais aussi de faits moins connus comme la participation des kurdes à ces massacres.

Le dessin souligne la dureté du sujet : des visages décharnés plein de terreur. Le tout en N et B, bien sur, pour accentuer l'angoisse des victimes. Le trait est simple et dépourvu de détails : l'important est le message de l'album. L'auteur a déjà publié plusieurs albums en Italie, son pays d'origine, mais n'est pas connu en France.

La BD se fait de plus en plus témoin de faits historiques. On se souviendra de Persepolis de Marianne Satrapi ou de Valse avec Bachir, aujourd'hui sorti en BD. Elle endosse ainsi un rôle de témoignage qu'on ne peut qu'apprécier. Medz Yeghern est un travail d'utilité publique qui permet de ne pas oublier cet horrible événement qu'a pu être le génocide arménien.

Marc Suquet

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