Les liens de l'amitié

DELAF, Maryse DUBUC

Dupuis, 2008
Les nombrils T.3
Collection : Tous Publics
48 pages. 9.20 euros



Les nombrils ? Et bien ces demoiselles qui se promènent le ventre découvert par des jeans taille basse et des T-shirts courts, pardi ! Les trois donzelles dont il est ici question pour la troisième fois consécutive répondent aux doux prénoms de Jenny, Vicky et Karine. Et qu'est-ce qui les différencie ? Enfin, sur quel ressort s'appuie la dynamique du trio, quoi. Et bien cela laisse songeur, jugez plutôt. Jenny est d'une stupidité qu'on peut qualifier sans exagération de crasse, à la limite de la grenouille décérébrée. A part son insondable vacuité intellectuelle elle est également dotée d'un incommensurable égocentrisme, qui n'a d'égal que sa superficialité. Vicky c'est la même chose en brune et (oh , un cliché supplémentaire !) un poil moins tartignolle. Les deux pouffettes ne s'aiment qu'à peine et sont surtout en rivalité constante. Karine au milieu des deux est : sérieuse, romantique, sympathique, censément à peine mignonne mais tellement serviable, adorable, généreuse qu'elle en devient donc la poire parfaite, exploitable jusqu'au tréfond de sa nature de délicieuse crétine. Cette très chère amie est donc le souffre-douleur et faire-valoir attitré des deux péronnelles précédemment citées.Tout l'album est constitué de mini-histoires sur une ou deux pages qui tiennent donc uniquement sur ce stratagème comique simplissime : Karine et/ou son fiancé mignon se font avoir à chaque fois, en s'en rendant parfois compte, mais pas toujours. Passons sur le fait qu'elle finit par se faire piquer cet unique prétendant par une intervenante extérieure en tout point mirifique (jolie, du style, intelligente, cultivée et généreuse, tellement plus profonde dans son éthique quotidienne), pas le moindre éclair de générosité ou d'attendrissement de la part des auteurs pour leurs trois personnages ! Aucune des trois n'est sauvable et rien ne vient nuancer le propos. On sent bien les deux compères convaincus que les trois filles méritent leur désastreuse existence (Jenny a une mère alcoolique et on attend toujours que ça vienne enrichir le tableau, Vicky passe tout l'album en fauteuil roulant et Karine... bien c'est Karine quoi, vous savez, un boudin pitoyable qu'aucune fille normale n'a l'air de vouloir fréquenter et transformer en super-copine).En résumé , si vous avez tout appris de la psychologie adolescente surtout féminine en regardant Beverly Hills, cet album est pour vous. Mais sachez qu'on peut être une fille de 16 ans intéressante et ne pas ressembler à Brenda. Vivement que la paternité l'enseigne à ceux qui ne seraient pas au courant...

Marion Godefroid-Richert

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