Miss Endicott, T. 1

Jean-Christophe DERRIEN, Xavier FOURQUEMIN

Lombard, 2007
84 pages. 15 euros



Dans une grande ville qui ressemble à s'y méprendre à un Londres victorien, entre bas et haut quartiers satellise la jeune et fraîche Prudence Endicott. Engagée comme gouvernante auprès d'un petit garçon pendant la journée, elle reprend après le décès de sa propre mère (Marguerite) le travail de " conciliatrice " de celle-ci, la nuit. Une vie qui va vite devenir très remplie ! Même si son petit protégé semble assez rapidement l'adopter et lui facilite la tâche le jour, la jeune dame va vite se retrouver face à une tâche de titan de par ses activités de la nuit : faire accepter au peuple de la surface l'existence du peuple du dessous, les " oubliés ". Handicapés, difformes, mis au ban de la société, le peuple des oubliés est une cour des miracles qui subsiste en se cachant dans un vaste réseau souterrain sous la ville. Un maître mystérieux a profité de ce terreau de rancoeur et de frustration pour leur faire édifier une gigantesque machine infernale en attendant le grand jour de la revanche. Prudence est mise à rude épreuve, surtout à partir du moment où le petit garçon dont elle a la charge est enlevé !

Du steampunk ! On pensait avoir fait le tour de la question entre Peter Pan et Algernon Woodcock, et bien ce n'est plus aussi sûr. Il était pourtant difficile d'éviter les redondances, seulement voilà, un petit ingrédient mystérieux non encore connu à ce jour rend l'oeuvre attachante et très sympathique. On ne sait trop à quoi ça tient. L'excellente mise en dessin entre dans la recette magique bien sûr : belle expressivité des personnages, très jolies couleurs, belles tonalités des intérieurs comme des extérieurs, un trait rond et précis. Le scénario n'est pas en reste avec ce personnage de jeune femme émancipée de retour de voyage qu'on devine lointain, qui maîtrise aussi bien la cuisine épicée que les arts martiaux avec des aiguilles à tricoter en guise de nunchaku. Ces deux derniers talents sont d'ailleurs croqués avec brio et humour dans deux séquences réjouissantes où la jolie Prudence rencontre d'abord la faune des quartiers mal famés et par la suite la redoutable cuisinière qui officie dans son foyer d'accueil durant la journée. L'humour est peut-être justement ce qui séduit le plus dans ce récit charmant : léger et décalé, il assaisonne les planches en les mettant en valeur. La démonstration gynéphile quant à elle sait se faire suffisamment discrète pour ne pas prendre le pas sur le récit un peu fantastique décrivant ce famaux groupuscule d'opprimés souterrains. Le premier tome se termine sur un mini coup de théâtre qui attise encore la convoitise du lecteur déjà friand de la demoiselle pour la suite du récit de ses aventures. Prenant, vraiment plaisant, tout public, voilà un excellent cru que cette Miss Endicott.

Marion Godefroid-Richert


Prudence Endicott revient à Londres, pour l'enterrement de sa mère Marguerite. Elle a trouvé une place de gouvernante au service du jeune Kévin, enfant délaissé par des parents perpétuellement absents. Mais ce n'est pas tout ; la nuit, Miss Endicott reprend le flambeau de sa mère, celui de conciliatrice. A l'occasion d'une banale affaire de voisinage, Miss Endicott va mesurer toute la difficulté de ce rôle et se confronter au monde d'en dessous.

Au vu de l'histoire on pourrait craindre un déjà vu (lu), pourtant ce n'est pas ce qui domine dans ce premier tome. Bien sûr, il " sent " le classique, mais celui qui fait plaisir, à tout âge. Certain personnages, en dehors de Miss Endicott, y sont pour beaucoup : en premier lieu le secrétaire-homme à tout faire de la conciliatrice, épouvantablement ronchon mais qui (comme nous) se laisse séduire, le duo des deux mauvais garçons maladroits mais aussi le majordome vigilent.

Premier album familial et plaisant.

Annecat


Prudence Endicott revient à Londres, pour l'enterrement de sa mère Marguerite. Mais elle va en même temps endosser une mission. Elle est ainsi gouvernante le jour, au service du jeune Kévin et conciliatrice la nuit, apportant son aide aux pauvres gens. A l'occasion d'une banale affaire de voisinage, elle va rentrer dans ce milieu des oubliés, habitant les sous sols de la ville de Londres. La révolte y gronde face à la misère régnante.

Voilà un album sympathique. D'abord un scénario avec le passé qui resurgit dans la vie de Prudence. Et puis le contraste entre sa vie de jour dans une famille bourgeoise et dans lequel elle rencontre le sympathique Kévin que ses parents ont un peu oublié, avec sa vie nocturne dans un milieu qui n'a plus rien de bourgeois et qui flaire la misère. Entre ces deux milieux, Prudence est constante, sympathique mais décidée.

Le dessin est plutôt bon avec des personnages très typés comme Conrad, le majordome aux traits véritablement anguleux. Le monde de la nuit est plus coloré avec des dominantes oranges et des lieux colorés comme le bar où Prudence va rechercher Quilby " pas vraiment un endroit pour une lady " comme le lui signale à l'entrée un client ! Mais Prudence ne se laissera pas faire et donne une petite leçon à un importun, sortant ses aiguilles de sous son manteau. Surprenante la petite Prudence ! Mais comme le dit Conrad, c'est une bonne personne. Et puis le 1er tome s'achève sur la cité des oubliés, un endroit prometteur pour un 2e tome.

Marc Suquet

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