Les contes de Beedle le barde

Joanne K. ROWLING

Gallimard Jeunesse, 2008
127 pages. 12 euros



Il y est fait référence quelques fois au cours de la saga de Harry Potter, la romancière s'est donc fendue de la ponte de ces cinq contes, et des annotations d'Albus Dumbledore censées les éclairer pour jeunes et moins jeunes moldus et non moldus que nous sommes. Autant les sept tomes sur son jeune héros s'adressaient aux enfants de tous les âges, autant ce petit recueil concerne un peu moins les adultes. Les contes sont rafraîchissants, mais il y a peu de ces éclairs pétillants qui captivaient, ce je-ne-sais-quoi qui empêchait de lâcher un des livres de JKR une fois qu'on avait mis le nez dedans, et qui pousse quasi inlassablement à y revenir une fois de temps en temps.

Personnellement je n'ai retrouvé une trace de ce qui me plaît et que je n'arrive pas à identifier que dans Babbity Lapina et la souche qui gloussait, une espièglerie, une légèreté, un truc, quoi. Quant aux explications du prestigieux directeur de Poudlard, bof. Je ne sais même pas si les mômes y trouveront leur compte. Pas très utiles, pas très pertinentes, elles se parcourent sans gêner mais également sans laisser un souvenir impérissable. En fait, je crois que ce qui me gêne dans les contes de BDLB, c'est le parfum de produit dérivé. Quand bien même les bénéfices sont reversés à une association pour aider les enfants, je n'ai pas tout à fait l'impression de m'être fait avoir en l'achetant mais presque.

Marion Godefroid-Richert


Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé

Joanne K. ROWLING

Gallimard Jeunesse, 2005
Tome 6 de la série Harry Potter. Traduit de l'anglais. Première parution dans la langue originale en 2005. 715 p. 23,50 euros



L'attente aura été longue pour tous les inconditionnels et autres accros de la série créée par J.K. Rowling, mais certainement pas vaine... car ça y est, nous l'avons enfin entre les mains cette nouvelle aventure annoncée comme devant être l'avant dernière des aventures d'Harry Potter : une savoureuse farandole de mots dont seule l'auteur a le secret et qui, comme par magie, captive, transporte le lecteur en s'en accaparant tous les sens, toute l'attention...
Voilà donc ici enfin dévoilée la suite des aventures de notre jeune héros et de ses fidèles amis, Ron et Hermione ! Comme dans les précédents, le sixième tome débute lors de vacances d'été, plus précisément ici celles qui marquent la fin de la cinquième année d'étude d'Harry à Poudlard et qui annonce du même coup la sixième à venir. Nous le retrouvons donc au domicile de ses insupportables oncle, tante et cousin chez qui il a " trouvé refuge " à la mort de ses parents. Un mois passe avant qu'il ne se prépare à passer le second au Terrier, dans la famille de Ron, où il retrouvera ses amis. A sa grande surprise, ce n'est pas - comme à l'accoutumée - son ami Hagrid, le garde-forestier de Poudlard, qui vient le chercher, mais Dumbledore, le directeur de l'école des sorciers, en personne ! Etrange autant qu'étonnant ! Pourquoi ce changement soudain ? Qu'est-ce qui peut bien attendre notre héros pour que le directeur décide de se déplacer pour aller quérir le jeune Harry ? C'est tout simplement ce qu'il vous reste à découvrir en plongeant sans plus attendre dans le présent roman !

Plaisir garanti ! On va allègrement de surprise en surprise ; certaines du reste sont de taille, parfaitement inattendues voire franchement sidérantes pour ne pas dire " estomaquante " ! On rit, on pleure, on frémit, on s'inquiète, on s'emporte. Bref, pas le temps de s'ennuyer tant on est vite happé par l'intrigue, habilement construite, originale et inventive à la fois, plus sombre pourtant que les précédentes. On plonge avec délice dans l'univers magique de Poudlard, retrouve ses apprentis sorciers répartis en quatre maisons, son équipe enseignante que vient rejoindre un nouvel arrivant, ses matchs de Quiditch, l'inquiétant Voldemort, Draco Malefoy de la maison des Serpentars, adversaire personnel de Harry... Mystère et suspense sont savamment dosés. On finit même par découvrir qui se cache sous le pseudonyme du Prince de Sang-mêlé. Et puis, il faut dire encore qu'Harry grandit - ses amis aussi —, qu'il évolue physiquement et psychologiquement tout comme ses camarades et qu'il découvre comme il se soit les préoccupations qui sont celles des adolescents de son âge.
Tout cela est captivant, raconté avec grand art. Un vrai bonheur qui séduira tout autant les petits et les grands ! Vivement la suite...

Manuelle Mevel


Ca y est, Harry a seize ans. Avouons-—le, ça nous arrange ! Tant il est vrai que l'année de ses quinze ans avait bien failli nous faire craquer : il y était tête-à-claques dans toute sa splendeur adolescente, grognon, nombriliste et chichiteux. Et puis le roman de ses aventures avec l'ordre du Phoenix s'était terminé sur une claque justement, mais d'une ampleur telle qu'on l'avait trouvée peut-être un peu disproportionnée... est-ce que Harry méritait vraiment de perdre son parrain ? Avec la famille qu'il subit, ça faisait quand même beaucoup. Et bien ce n'est pas avec ce tome-ci qu'on va pouvoir le consoler, le Harry. Il a beau y faire amende honorable, se mettre à travailler (toujours avec l'aide d'Hermione quand même, il ne faut rien exagérer) et même devenir un as en potions (qui l'eût cru ?) il se prend un revers d'anthologie qui fait arriver Bambi et la chèvre de monsieur Seguin dans la rubrique " histoires poilantes à raconter à ma nièce pour lui faire avaler ses broccolis ". Grâce à un livre surprenant, grâce à Dumbledore et ses leçons particulières, grâce au quidditch... Gardons le suspense intact, vous ne saurez ce qui lui arrive qu'en vous penchant sur le récit de notre belle anglaise !
C'est qu'elle a du talent, la bougresse. Son jeune héros évolue plus que sympathiquement : par exemple dans le présent récit il apprivoise le sentiment amoureux. Cela aurait pu être affreusement niais et c'est mignon, voire attendrissant. Hermione et Ron sont de plus en plus rigolos tous les deux, et même si on sait tous comment vont finir leurs chamailleries, elles sont d'autant plus attachantes qu'elles éloignent l'ambiance de Poudlard définitivement de tout contexte " disneyen " gluant et collant de bons sentiments ! Dans le même registre on peut citer Drago Malfoy. JKR aurait pu le laisser dans son rôle d'ennemi intime de Harry qui était jusqu'ici un peu manichéen, elle le fait lui aussi se mouvoir dans un registre plus tourmenté, moins évident, plus subtil... Et le professeur Rogue, me direz-vous ? Et bien il reste égal à lui-même en harpie à l'hygiène douteuse, repoussant assez loin la possibilité qu'on puisse lui trouver des circonstances atténuantes. On est très content quand Harry découvre le plaisir du sarcasme de manière parfaitement insolente en cours de défense contre les forces du mal avec sa Némésis aux cheveux gras. Un peu plus noir, un peu plus sauvage, un peu plus dévoué, un peu plus moral, un peu moins timide, toujours plus courageux, ce Harry de seize ans a de quoi nous séduire toujours plus.
Et nous n'avons pas parlé de prince ? Bah, vous saurez bien assez tôt qui c'est. L'honnêteté commande de vous avertir néanmoins : ça va être très long d'attendre le prochain tome des aventures de Harry Potter.

Marion Godefroid-Richert


Il est de ces petits événements, tels le dernier Starwars, le nouveau Thorgal (pas le nouvel Astérix, là, ce n'est plus possible) ou le Beaujolais nouveau, que l'on attend toujours avec autant d'impatience (quoique, n'exagérons rien pour Starwars et Thorgal) même si l'on sait avec une quasi-certitude que l'on sera déçu. Les nouvelles aventures du gentil Harry Potter sont de ces petits bonheurs qui ne coûtent pas (trop) cher, qui n'apportent pas grand chose, mais qui ouvrent momentanément un coin de ciel bleu dans la grisaille du monde. Alors oui, on est déçu : il ne se passe rien, l'auteur s'appesantit sur des thèmes déjà abordés (les références au tome 2 sont omniprésentes), le jeune sorcier est parfaitement insupportable (un peu moins que dans le précédent, il est vrai, mais il battait là tous les records !) et l'ambiance est moins sombre que l'on aurait pu l'espérer, la fin de la série approchant (l'auteur n'oublie pas qu'elle s'adresse à un jeune public, et c'est tout à son honneur). Malgré tout, l'on ne s'ennuie pas une seconde et, comme d'habitude, l'on ronge son frein en attendant le prochain tome. En plus, comme tout ce qui est bon, c'est interdit par le Vatican, alors ne boudons pas notre plaisir !

Mikael Cabon

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