Les Saints de l'Épée

John MARCO

Bragelonne, 2004
22 euros
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2001.
Troisième et dernier tome de la série "Des Tyrans et des Rois". Précédé par "Le Chacal de Nar" et "Le Grand Dessein".



Grâce à toutes les traîtrises et toutes les ignominies qu'il a commises, le comte Renato Baggio a enfin atteint son idéal suprême puisqu'il est l'actuel empereur de Nar. Il a vaincu ses deux ennemis les plus dangereux, Richius Vantran, le Chacal de Nar, ancien général de l'armée impériale, dorénavant exilé à Falindar, bien loin de Nar et l'évêque Heerith qui, à la mort d'Arkus, avait, en despote absolu, pris le pouvoir en s'appuyant sur les forces de l'armée terrestre dirigées par le terrible général Vorto. Cependant, sa victoire a eu des conséquences inattendues, dont celle d'avoir affaibli considérablement l'empire. Il faut dire que Baggio s'est rendu très impopulaire après avoir tué Vorto et qu'il doit faire face à la défection de ses légions. Quant à Nicabar, l'amiral des flottes impériales, il n'est plus animé que par une unique obsession : détruire les Lissiens et leur jeune reine. Le voilà encore confronté à une fronde orchestrée par les seigneurs vassaux et qu'il parvient à endiguer, mais surtout à la convoitise de Tassis Gayle, roi du Talistan, qui aspire à conquérir Nar et qui pour ce faire a juré sa perte. Maître des machinations huilées, Baggio se sait seul et affaibli. Ce n'est plus le même homme, il ne se drogue plus, a pris conscience des atrocités qu'il a pu commettre sous l'emprise des potions qu'il consommait, et des responsabilités qui sont dorénavant les siennes. Il sait aussi que son salut consiste à contracter les alliances les plus inattendues. Il n'a pas le choix et, pour se maintenir sur le trône de Nar, doit impérativement parvenir à convaincre... ses anciens ennemis, le Chacal et Jelena. La tâche ne sera certainement pas facile...

"Les Saints de l'Epée", troisième volet mettant un terme à la série "Des Tyrans et des Rois" ne déçoit absolument pas. Bien au contraire, il est bel et bien à la hauteur de nos espérances ! John Marco aime les personnages ambigus et les situations confuses et compliquées. Et il le prouve brillamment ! En effet, les alliances se font et se défont en fonction de l'intérêt politique du moment des différents protagonistes. Les amis d'hier deviennent des adversaires qu'il faut maintenant abattre, alors que ceux qui par le passé apparaissaient comme des ennemis mortels sont en passe de s'afficher comme les alliés d'aujourd'hui. Bref, un vrai bonheur ! Le lecteur retrouve aussi avec plaisir les personnages attachants de la série, des personnages vivants, toujours aussi bien campés, qui évoluent au fil des épreuves traversées et s'enrichissent psychologiquement parlant. Que dire, pour n'en citer qu'un seul, de l'empereur Baggio qui avait tout du parfait salopard dans les deux premiers tomes ? Il se transforme en despote éclairé, devient un homme responsable et avisé, presque aussi gentil qu'un agneau nouveau-né, dès lors qu'il est sevré des drogues qu'il consommait. Etonnant, non ? Il faut tout de même reconnaître qu'il n'a pas le choix s'il veut vaincre ses nouveaux ennemis, mais tout de même ! Revirement de situation sur toute la ligne, parce qu'il parvient même, sacré bonhomme, à voler la vedette au Chacal de Nar, et qu'il apparaît ainsi sans conteste comme le personnage central de l'Empire certes, mais également du présent roman. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde ! John Marco est un maître de la fantasy américaine, sa trilogie est une merveilleuse épopée, subtile et intelligente, agréablement narrée dans un style élégant, simple et vivant.

Un roman divertissant et qui se dévore avec délice, tout comme les deux tomes précédents. Une série de grande qualité donc, et qui séduira autant les adultes que les plus jeunes.

MGRB


Le grand dessein

John MARCO

Bragelonne, 2003
22 euros
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2000.
Deuxième tome de la trilogie : "Des Tyrans et des Rois". Précédé par : "Le Chacal de Nar".



Arkus, l'empereur de Nar qui ambitionnait de devenir immortel, est mort. Pas un élixir, pas une potion ni aucun sortilège n'ont pu le sauver. Désormais gouverné par l'évêque Heerith qui, pour asseoir son pouvoir, s'appuie sur les forces terrestres de Nar dirigées par le terrible général Vorto, l'empire se désagrège. Richius Vantran, le Chacal de Nar, fils du défunt roi d'Aramoor, vassal de l'empereur, lui, s'est exilé loin de Nar avec sa femme Dyana et sa fille Shani. Lorsque s'est achevée la guerre contre Lucel Lor, il a trouvé refuge et sécurité à Falindar, hors d'atteinte de ses ennemis. Cependant, guerre et trahison couvent toujours en Nar. Depuis l'île de Crate, le comte Baggio, ancienne âme damnée d'Arkus à la mémoire duquel il reste fidèle, ancien chef des services secrets impériaux, ressasse inlassablement rancune et haine. Lui qui n'aspire qu'à la vengeance et au pouvoir suprême se prépare, grâce à son "Grand Dessein", une sombre machination qui devrait lui permettre de concrétiser son rêve et de se venger de Richius Vantran, à reconquérir l'empire de Nar. Voilà donc notre héros lancé dans de nouvelles aventures dès lors qu'il rejoint les Lissiens - peuple marin - en guerre contre Nar pour les aider dans le combat qui les oppose au comte Baggio. Richius n'a assurément pas oublié que le comte, son ennemi juré, est responsable de la mort de sa première femme, et il compte bien lui faire payer son infamie. Mais voilà que ce dernier fait enlever Dyana et Shani ! De quoi attiser davantage encore la haine de Richius !...

Le second tome de cette ample saga qui ne manque pas de souffle ne décevra certainement pas les amateurs de fantasy. Bien au contraire ! John Marco possède une imagination fertile et parvient sans difficulté à passionner son lecteur : une histoire originale, complexe et bien maîtrisée dans l'ensemble. Pas de temps morts, de l'action, des rebondissements, des retournements de situation, une intrigue politique, des exploits guerriers, rien ne manque ! Des personnages animés de l'esprit de vengeance, prêts à tout pour parvenir à leur fins, faire souffrir et vaincre leurs adversaires, et qui pourtant ne sont en rien manichéens. L'auteur a toujours à coeoeur de ne pas planter de monstres abjects et jamais ne juge : humains avant tout, les "gentils" et les "méchants" sont toujours présentés à travers les raisons qui justifient leurs actes. Même si l'on ne peut pas toujours les cautionner, on comprend les motivations des uns et des autres. Ainsi le héros, Richius Vantran, n'est ni un monstre ni un sauveur, simplement un homme emporté dans le tourment d'une aventure et d'une guerre qui le dépassent, un homme plutôt ordinaire et qui souffre, un homme néanmoins toujours animé d'une haine farouche envers l'empire de Nar responsable de tous ses maux. Cependant ce sont surtout le comte Baggio, l'évêque Herrith, Simon Arquis, personnages assez détestables somme toute, qui donnent toute sa force au second tome de la série "Des tyrans et des rois". Des sentiments exacerbés : amour, jalousie, haine, ambition, cruauté, souffrance, douleur, racisme, fanatisme, etc. S'engage encore une lutte pour le pouvoir avec alliances, intrigues, complots, trahisons, traîtrises, manipulations, lutte qui se concrétise par une guerre ignoble avec son cortège d'atrocités et d'exactions. On ne s'ennuie pas une seconde ! Peut-être peut-on simplement reprocher au récit une fin trop rapidement bouclée.

Un très bon moment de lecture. Vivement la suite !

MGRB

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