Les moulins de Yalikavak

Hervé JAOUEN

Rivages, 2006



Recruté comme secrétaire de mairie à Saint-Baptistain, Serge Morvan incite le maire à répondre à l'annonce d'un groupe financier international à la recherche d'un terrain en bord de mer afin de développer un projet d'investissement.

L'arrivée du promoteur Nelias Amalamélou, un Méditerranéen expansif et bon vivant au langage familier fait des vagues dans le village. Il s'installe dans la Villa aux Anglais, une propriété inhabitée mais pourtant entretenue qu'il achète. Sa fille Lou, passionnée de lecture, l'accompagne.
Son projet est colossal : il veut installer un grand centre de loisirs avec stretching, relaxing, cocooning, body building, et il promet des emplois et de l'argent pour tout le monde. Nelias ne passe pas inaperçu, les nouvelles vont vite et bientôt les rumeurs courent. Le journaliste local, dit Le Scribe, s'en donne à coeur joie.

Le maire, Jean Sybelle, un catholique de gauche surnommé Jean Le Pieux, est un homme intègre, il a le souci de ses citoyens et veut à tout prix éviter une " affaire ". Mais Serge Morvan, lui, a besoin de rêver, et surtout de rompre avec la routine. Les querelles et les affrontements entre les partis et les personnes ne lui font pas peur et même le réjouissent. Il réussit à convaincre le maire à se lancer dans le projet, afin de réaliser une " grande oeuvre " avant la fin de son mandat.

Débats publics, guerre entre gauche et droite, soupçons de trafics financiers, enquête des services généraux... Serge Morvan, qui va partager sa passion de la lecture avec Lou, se réjouit des péripéties qu'il a initiées.

Et cette histoire, il la raconte alors qu'il est en Turquie, dans un des trois moulins qu'il a achetés à Yalikavak (un moulin à vivre, un moulin à lire et un moulin à écrire). Il s'agit donc d'un double récit entre Izmir et Saint-Baptistain, au cours duquel on apprend petit à petit quel a été l'aboutissement du projet de Nélias.

Un roman agréable à lire, qui permet à l'auteur de faire un portrait de la société non dépourvu de cynisme. On note un très fort pessimisme politique de la part de l'auteur. Par ailleurs, l'atmosphère exotique de la Turquie donne beaucoup de charme au récit. Les dialogues très vivants, et l'intrigue font de ce roman un bon divertissement.

Mona Abautret

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