Oeil de ciel

Yves H., HERMANN

Glénat, 2012
Les Tours de Bois-Maury, T. 15



Bois-Maury est à la recherche des cités perdues dans la forêt de la province du Yucatan. L'expédition est attaquée par des Indiens.

Hermann, moi j'aime son dessin et ses héros chéris come Jeremiah lui-même mais aussi Kurdy Malloy. Seulement voilà, Hermann c'est le spécialiste des séries à rallonge qui crèvent de ne pas mourir : Jeremiah et ses trente et un albums en est l'exemple parfait. Bois-Maury, hélas, suit le même chemin : avec Oeil de ciel, la série en est à son quinzième tome.

Le scénario de ce nouvel album, écrit par le fils du dessinateur, Yves H., est plus que ténu : la poursuite des Espagnols par les Indiens. Eh oui, c'est tout... Rien d'autre. On lira donc cet album comme une gentille distraction dont le scénario n'étouffera pas le lecteur ! Quel dommage de se contenter des seules illustrations...

Marc Suquet


  

Une nuit de pleine lune

Yves H., HERMANN

Glénat, 2011



L'histoire d'un cambriolage dans un pavillon isolé qui tourne mal.

C'est vraiment la description du cambriolage des bras cassés que nous propose ici Hermann père, accompagné de son fils jouant pour sa part le rôle de scénariste. Karim, le chef de l'équipe, ne rêve que de retourner au Maroc. Mais pour cela il a besoin d'argent. Il a donc jeté son dévolu sur un couple de retraités, les Boisseau. Mais l'équipe de Karim n'est pas franchement à la hauteur : un informaticien qui se perd en route ; Cynthia, genre un peu psy, qui écoute sa musique sans s'intéresser au cambriolage ; Quentin, qui s'avère connaître les proprios ; Lucas, arrogant et agressif.

Bien sûr, avec une telle équipe d'éclopés, tout foire dans le cambriolage. Et lorsque les Boisseau rentrent, il faut leur faire cracher le code du coffre. C'est là que Lucas pète son plomb et en arrive à utiliser des méthodes qui n'étaient pas franchement prévues au départ.

L'ensemble m'a semblé assez moyen : tout est foireux dans ce cambriolage et, autant j'y ai cru au début, autant l'accumulation des bévues finit par faire un peu gag : pas franchement dans le ton de l'album. La typo des bulles m'a été assez pénible à déchiffrer : dommage. J'ai pourtant bien aimé le changement de personnage de M. Boisseau et aussi la fin de l'album. Au final, une BD qui ne casse pas des briques sans être désagréable à lire.

Marc Suquet


  

Afrika

HERMANN

Lombard, 2007
56 pages. 13,30 euros



Charlotte, photographe, part en Afrique faire un reportage sur le braconnage. Son guide, Dario Ferrer, est un personnage rugueux, entier et délicat d'approche. Mais la photographe va mieux comprendre lorsqu'elle sera témoin des braconnages que cherche à empêcher Dario : élimination des rhinocéros pour la constitution de vulgaires aphrodisiaques !  La tête de Dario va bientôt être mise à mort par un groupe minier dont les intérêts économiques en Tanzanie sont importants.

Après Bois Maury et les 27 épisodes de Jeremiah, Hermann se lance ici dans un sujet fort différent : la folie et l'égoïsme des hommes face à la nature. Difficile en effet de ne pas être remué par le massacre de superbes animaux comme les rhinocéros destinés à compenser la virilité défaillante de quelques japonais : l'intérêt est en effet vital ! Le couple Charlotte- Dario rend bien cette folie:  elle, urbaine et un peu perdue dans ce nouvel environnement. Lui, " ensavanné " à mort mais bouleversé par les atteintes à la nature mais aussi à l'homme qu'il rencontre dans son travail. Des situations qui le transforment en ours sulfureux mais touchant.

Un récit donc à message, merveilleusement porté par le dessin d'Hermann qui a décidément un sacré coup de crayon ! Et pourtant, j'ai eu du mal à accrocher à ce scénario. Peut être un manque de pêche ou aussi d'émotions l'ensemble restant un peu froid.. Reste le dessin, c'est Hermann !

Marc Suquet


  

Vlad l'empaleur (Sur les traces de Dracula, T. 1)

Yves H., HERMANN

Casterman, 2006
Collection Un monde



En 1430 né à Schässburg dans le pays de Transylvanie, le deuxième fils de Vlad Basarab " prince de Valachie, sans trône ni couronne... " Vlad le dragon ou " Vlad Dragul ". Cet homme aussi nommé Vlad l'empaleur pour son extraordinaire capacité à résoudre les problèmes à l'aide d'un long pieu de bois bien aiguisé, passera sa vie à conquérir et RE-conquérir sa couronne et son royaume. Trahi, méprisé, ce " prince qui se rêva l''égal des plus grands, mais ne fut que le souverain d'un petit état pris entre le marteau et l'enclume " mourra en 1476, sera décapité et exposé sur les portes du palais de Constantinople, alors que son corps se volatilisera...

On peut comprendre l'envie de se lancer dans un récit historique, encore faut-il qu'il raconte en clarifiant " la vie et l'oe'oeuvre " du personnage que l'on a choisi. Ici ce n'est pas gagné !!!
Certes nous faisons confiance à Hermann, père et fils, pour s'être copieusement documentés sur l'époque et le personnage de Vlad l'empaleur...mais peut-être trop !!! En effet le récit, linéaire et confus, nous oblige à retourner en arrière plusieurs fois pour en garder le fil. On y retourne tellement de fois d'ailleurs qu'à la fin on abandonne et on se contente de suivre à peu près...
Dommage, d'autant plus que comme d'habitude le graphisme d'Hermann est à la hauteur du récit, aussi aigu que les pals du héros... et ce n'est pas rien !

Annecat


Un port dans l'ombre (Jeremiah : 26)

HERMANN

Dupuis, 2005
Collection Repérages



Jeremiah et Kurdy, toujours en vadrouille sauvent de la noyade une jeune fille. Ils proposent de la raccompagner et débarquent dans une communauté sectaire qui a fait des coups et de la peur de " Jésus " les seules valeurs éducatives pour leurs enfants !
Ces derniers n'ont plus qu'un moteur : la vengeance !

Ah si seulement les aventures de Jérémiah ne se ressemblaient pas autant..... Pourquoi Hermann est-il à ce point obsédé par les " communautés " qui vivent en autarcie, repliées sur elle même et diabolisant " l'extérieur " ? ? ? ? Qu'essaye-t-il de nous dire ? ? ? Quel message subliminal ou pas veut-il que nous entendions ? ? ?
Ah si seulement Hermann ne dessinait pas aussi bien............. !

Annecat


Jérémiah et Burdy sauvent une ado qui se noyait. En la ramenant à son village, ils font la connaissance d'une communauté très intégriste, commandée par Jason. L'accueil est très froid et les deux hommes ne sont pas les bienvenus, même s'ils ramènent Milova la noyée dans sa famille. Mais bien vite une bataille se déclenche dans le village où la loi ordonnait de ne jamais porter d'armes.

Evidemment c'est Jérémiah. Donc un dessin superbe avec des nuances de gris qui donnent bien une tristesse infinie à cette communauté si étroite d'esprit. Donc c'est une BD que l'on se régale à voir. Par contre le scénario devient une habitude des Jérémiah : la rencontre fortuite avec un endroit ou des individus bizarres. Ca commence à faire un peu catalogue de rencontre et Hermann manque vraiment d'imagination. La psychologie des personnages est traitée un peu rapidement : des zigotos de cet acabit auraient pu être dépeints plus soigneusement en rentrant vraiment dans leur caractère. Jeremiah ronronne doucement... C'est sûr qu'arrivé au n° 26 c'est pas facile de faire toujours du neuf !

Marc Suquet


Et si un jour, la terre... (Jeremiah : 25)

HERMANN

Dupuis, 2004
Collection Repérages



Jeremiah et Kurdy sont encore sur les routes, perdus au milieu du grand nulle part d'un monde post-apocalyptique sauvage, violent et délétère. Alors qu'ils sont bloqués en pleine tempête par un pont écroulé dans un paysage de cauchemar, en fait une forêt pétrifiée, et le manque d'essence pour alimenter leurs bécanes en panne sèche, ils sont surpris dans une dispute par un inconnu qui leur propose de l'essence en échange de leur aide. En effet, cet homme, Percy, et ses amis Feona, Lley et Hen semblent poursuivis par cinq tueurs qui descendent petit à petit tous les membres de la troupe. Jeremiah et Krudy acceptent d'escorter le convoi. Aucune question de leur part ne sera tolérée. Mais il semble qu'une mystérieuse jeune femme est retenue contre son gré dans l'une des voitures. Le convoi progresse fort lentement. Après plusieurs heures de cheminement, un singe apparaît au milieu de nulle part. Et quand Lley lui tire dessus, c'est la nature toute entière qui répond à l'agression. Que se passe-t-il vraiment avec cette inconnue ? Que représente ce singe ? Et comment expliquer les réactions agressives de la nature environnante ?

Cela commence comme une fable écologique ; en fait, il n'en sera rien car l'album demeure avant tout une BD d'aventure, un road movie en forme de thriller fantastique un tantinet inquiétant mêlant mystère et aventure. Mais rien de très étonnant là-dedans, rien d'excitant, rien de transcendant, rien qui titille l'intérêt et rien qui pourrait relancer la série. Au coeoeur d'éléments qui d'heure en heure deviennent de plus en plus hostiles, directement confrontés à la folie des hommes, le taciturne Jeremiah et son copain volubile Kurdy tentent de survivre entre les feux croisés de deux bandes armées rivales et d'échapper à une ancienne connaissance de Jeremiah bien décidée à se venger de lui. Cela ronronne doucement : on ne s'ennuie pas, Hermann a de la bouteille et un savoir faire incontestable. L'intrigue baigne certes dans une atmosphère fantastique pour le moins inquiétante, mais elle sonne creux. On ne vibre ni ne frémit pas vraiment non plus. Ce qui fait l'intérêt de l'album, c'est la richesse du dessin qui, en dépit du temps, n'a pas pris une ride, et son traitement à l'aquarelle. Du Hermann pur jus et de belle qualité. Le dessinateur manie la couleur directe avec un talent rare. Un vrai plaisir pour les yeux.

Plaisant, mais sans plus. Hermann ici n'est guère inspiré...

MGRB


Zhong Guo

Yves H., HERMANN

Dupuis, 2003
Collection Aire Libre



Nous sommes à Pékin, en Chine populaire, dans un futur plus ou moins proche ; cette histoire se développe dans un contexte diplomatique tendu car on est paraît-il à quelques jours d'accords commerciaux très importants. Un agent américain d'origine chinoise, Wang Li Fang, semble détenir des informations capitales stockées informatiquement dans son cerveau. Il est poursuivi par les services secrets chinois, puis récupéré par la CIA, elle-même en relation avec un mafieux local répondant au nom de Dwight L. Whaley dit "le Chinois"... Les services secrets chinois réapparaissent et, cette fois, Wang Li Fang doit son salut à l'intervention d'agents de l'ambassade des Etats-Unis. Pour sa sécurité - et celle des informations dont il est le dépositaire - il est "bouclé" dans une cellule de l'ambassade, et l'agent Ditto est tout spécialement chargé de veiller sur lui car les autorités américaines craignent une tentative d'enlèvement lors du prochain bal de l'Independance Day prévu dans les tout prochains jours, le 4 juillet pour être précis...

Côté graphisme, rien à redire, c'est du Hermann pur jus, reconnaissable au premier coup d'oe'oeil, un dessin réaliste au style très identifiable : un crayonné précis - pas d'encrage, donc ! - associé à une mise en couleur directe à l'aquarelle ou aux encres. Hermann n'utilise pas une large palette de couleurs ; il se limite à une gamme assez réduite - bleu, gris, ocres - employée selon la technique du camaïeu, c'est-à-dire qu'il joue sur toute la transparence de l'aquarelle pour travailler ses lumières. La mise en scène est toujours très efficace, spectaculaire, très cinématographique. Côté scénario, Yves H., fils d'Hermann, ne convainc pas totalement. Il signe un thriller d'anticipation planté dans une Chine populaire futuriste certes, mais pas tant que cela, qui oscille entre tradition et modernité et qui tente de réaliser son émancipation économique et politique. L'histoire est somme toute assez classique, mais on ne connaît ni l'enjeu ni la finalité de l'action et le mélange espionnage - technologie - clonage humain demeure plutôt confus. Cela dit, l'intrigue est bien menée. Elle fonctionne telle une mécanique bien huilée sur une situation que l'on ne comprend pas bien, elle ménage son lot de scènes d'action. Elle est cependant animée par des personnages pour le moins troubles, peu sympathiques et auxquels il est bien difficile de s'attacher. Rien de désagréable, mais pas de réelles surprises et rien non plus de suffisamment percutant pour vraiment retenir l'attention du lecteur. Dommage !

Un album qu'on lit néanmoins sans déplaisir, ne serait-ce que pour la qualité du dessin d'Hermann.

MGRB

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