Confessions d'un enragé

Nicolas OTERO

Glénat, 2016



Rabat 1979, Liam, un jeune garçon, est surpris par le cri d'un chat. Il a l'air choupinou, ce petit chat tout seul, mais son cri est glaçant... Lorsqu'il s'en rapproche, le chat griffe Liam qui se révèlera atteint par la rage. Commencent des soins douloureux mais aussi l'expérience de la maladie qui modèle le caractère de Liam.

Original de raconter cette histoire de rage mais tout particulièrement en se plaçant dans le regard de l'enfant : des médecins qui se penchent sur son cas comme s'il était un fantôme jusqu'à l'abandon de son Maroc lumineux choisi par ses parents pour lui assurer les soins nécessaires, la maladie ici contée est une véritable souffrance pour Liam. L'enfant est progressivement envahi par le personnage menaçant du chat qui perturbe ses nuits et détourne sa personnalité, que le jeune garçon n'arrive parfois plus à contrôler : il en devient à certaines occasions violent, comme lorsque ce prof de dessin qu'il admire tant, lui fait des avances malsaines.

L'album alterne le registre de l'histoire personnelle et celui du fantastique, dominé par le personnage étouffant du chat, qui propose au jeune garçon sept rencontres réparties au cours de sa vie. L'ensemble est souvent teinté de tragique, amplifié par les comportements que Liam ne domine plus.

Quelques pages intercalées expliquent la maladie, par la voix de scientifique. Une bonne idée si le vocabulaire choisi avait su rester simple : il était inutile d'employer des termes tels qu'ataxie, hyperesthésie ou encore diploïde, qui compliquent inutilement le propos.

Le dessin est de qualité : la couverture est superbe tant dans son idée d'invasion féline de la personnalité de la victime que par les couleurs vives utilisées.

Un album intime, surprenant et réussi.

Marc Suquet

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