Qinaya

MONIN, ZIDROU

Bamboo, 2016
L'Adoption, T. 1



Un tremblement de terre au Pérou, des milliers de morts, et, parmi les vivants, Qinaya, petit bout d'chou aux grands yeux noirs, petit "pruneau" qui va bouleverser la vie de son papy de France, mais pas que...

Que de plaisir dans cet album et quelle émotion de revivre ces moments, si bien retranscrits par les deux auteurs ! Oui, l'attente à l'aéroport, c'est comme ça. Ma puce n'est pas arrivée sur ses deux jambes, mais dans les bras de l'hôtesse. Mais, oui, les bras se tendent, les larmes coulent et les coeurs explosent... Oui, c'est tout comme ils disent !

Tout est juste, même l'hésitation de ce grand-père. D'ailleurs hésite-t-il parce qu'elle vient de là-bas ou parce que, n'ayant jamais été présent pour ses enfants, il ne sait ce que c'est... un enfant ? Et puis, dans la vraie vie, bien sûr, "cette adoption" est dans les deux sens, mais cela ne veut pas dire que la famille n'existe pas ! Elle existe et se resserre dès l'arrivée de l'enfant. En tous cas, pour notre petite fille, cela s'est passé comme ca.

Qinaya prend vie sous le crayon de Monin. Le trait est sensible, aérien, tendre... Bref, un vrai chaud doudou !

Cet album est un bijou de sensibilité qui, plus que d'adoption, parle de filiation.

Allez, hop ! adopté ! Mais, pitié... ne nous laissez pas trop longtemps mariner pour savoir la suite car quel rebondissement à la fin ! Un uppercut que je n'ai pas vu venir. Ouille !

Annecat


Lire l'adoption, pour moi, c'est le retour vers l'histoire de Marion, notre fille, arrivée durant l'été 1985 en direct de Séoul. Quelle aventure, que je revis aujourd'hui dans les pages de ce bel album ! Tous ces moments précis qui restent gravés dans ma mémoire et tout particulièrement son arrivée à Orly : tout comme celle de Qinaya, la petite fille du Pérou, je revis aujourd'hui ce torrent d'émotions à la vue de cette enfant débarquée des bras de l'hôtesse. Je suis dans la case du bas de la page 9 de cet album, celle des bras tendus vers cette enfant venue du bout du monde.

Je revis tous ces moments décrits dans l'album de Zidrou et Monin. A l'exception de l'hésitation de ce grand-père. Chez nous Marion, personne n'a hésité : immédiatement, tu étais de notre famille. Mais cette histoire qui se tisse progressivement dans l'album entre Qinaya et son grand-père, un vrai apprivoisement qui s'achève sur les épaules du papi lors du tour de France, ou dans le lit des grands-parents un soir de peur enfantine devant l'orage.

Que de belles émotions rendues par cette BD joliment illustrée. Vite, le tome 2, et ne nous laissez pas sur cette terrible fin !

Marc Suquet

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