Dernier appel pour les vivants

Peter FARRIS

Gallmeister, 2015
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anatole Pons



Un moyen rapide de se faire de l'argent reste au fil des années qui passent le vol de banque à main armée. C'est également un moyen assez sûr de récolter des ennuis (on ne peut pas tout avoir !). Les propriétaires légitimes de l'argent, la police et les autorités légales voient en général d'un mauvais oeil ce genre de changement de main soudain et non consenti par une des deux parties. Aussi, si on ajoute à cela le fait de doubler ses complices sur le coup, complices s'avérant faire partie de manière très convaincue et musclée de la fraternité aryenne américaine, et qu'on y ajoute une prise d'otage en la personne d'un jeune guichetier pas très vif répondant au doux surnom de "Coma", on peut aisément conclure que l'auteur du braquage a le goût de la difficulté. Tant mieux. Ca rend le récit de ses faits et gestes assez captivant pour en faire une histoire !

Peter Farris sait utiliser les codes du genre de manière brillante. Ses personnages sont croqués avec précision, les péripéties sont classiques mais sans redondance ni facilité. La petite liberté qu'il prend est au niveau du lien qui se tisse entre le grand méchant nazi braqueur et le petit guichetier introverti. Ce lien développé au cours de l'intrigue contient une petite part d'improbabilité mais non gênante. Elle n'empêche pas le lecteur de s'absorber dans le récit. Bien construit, stylé, avec du soin apporté à l'ambiance comme aux personnages secondaires, ce premier roman est un bel hommage servi au roman noir et à sa catégorie "hard-boiled", même si désormais on en trouve autant chez les gangsters que chez les représentants de l'ordre. Aucun des personnages d'ailleurs ne se soumet à la règle du tout blanc-tout noir. On se retrouve face à des exemplaires d'humanité finement observés, finement retranscrits, plausibles en un mot. Un roman de très bonne facture qui comme d'habitude fait honneur à la rigueur éditoriale de la toujours excellente maison Gallmeister. A consommer sans modération !

Marion Godefroid-Richert

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