Ce qu'il faut de terre à l'homme

Martin VEYRON

Dargaud, 2016



Martin Veyron, pour moi, c'était, avec Bernard Lermite, l'auteur d'albums comiques, certes, mais très branchés et bobos. Sympas, oui, mais sans plus. Rien à voir avec son nouvel album, Ce qu'il faut de terre à l'homme.

L'album est fidèlement adapté d'un conte de Tolstoï, publié en 1868. Pakhomm, petit fermier, ne se suffit plus de ses terres. Dans le pays voisin des Baskirs, des terres en friche sont proposées à qui voudra les cultiver. Pour mille roubles, le futur propriétaire possédera tout le terrain qu'il aura pu parcourir en une journée. Mais plus la journée avance et plus Pakhomm découvre de nouvelles terres qu'il souhaiterait posséder. Pour être à l'heure au rendez vous qui le confirmera dans son nouveau rôle de grand propriétaire terrien, Pakhomm court, court...

Un superbe conte sur la cupidité, un mot qui signifie, on le rappelle, "désir immodéré de l'argent et des richesses". Un thème d'une incroyable modernité, quand l'on sait que les actionnaires des grandes entreprises françaises touchent près de 56 milliards d'euros, ce qui nous place, selon les sites, entre champion d'Europe et champion du monde !

L'album est superbe, le dessin complétant parfaitement ce beau scénario de fuite en avant qui se terminera tragiquement. Un minuscule regret pour une couverture assez ratée, barrant un dessin de Veyron  d'un énorme titre plutôt moche.

Je ne saurais trop vous conseiller de vous régaler avec cet album en ré-écoutant Money du Floyd, c'est dans le ton !

Marc Suquet

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