La Traque de la musaraigne

Florent COUAO-ZOTTI

Jigal, 2014



Stéphane Néguirec se sent bien au Bénin, dans la ville de Cotonou : les paysages, les femmes, le pays. Mais quand la fascinante Déborah débarque avec un paquet de billets planqués dans un sac et lui propose un mariage blanc, Cotonou devient tout de suite moins tranquille. Surtout quand l'ex, Jésus Light, est sur les talons de Déborah, pas trop pour elle mais plutôt pour les 800 000 dollars d'un cambriolage qui ne s'est pas trop bien passé ! Stéphane se retrouve pris dans une course à laquelle il ne comprend pas grand-chose, sauf qu'elle s'achève en esclavage d'une organisation islamiste et qu'un Français, c'est pas la marchandise la plus prisée !

L'auteur montre un style agréable, particulièrement lors des portraits des deux persos, Stéphane ou Deborah. La couleur africaine est présente : un glossaire placé en fin de livre, permettra au lecteur peu familier des "ago-atchébé" ou autres "bohoumba" d'intégrer un vocabulaire fleuri. Quelques citations à méditer introduisent les chapitres : "Le visiteur est un brouillard qui ne tarde pas à se dissiper, si tu veux une grande ombre, attends la nuit" ou encore "Lorsque la salive franchit la bouche, elle ne peut plus être avalée." Mais l'auteur n'en fait pas trop dans ce sens et l'africanité est subtilement suggérée, comme la tradition de jeter deux gouttes d'eau sur le sol à l'entrée, en guise d'hommage aux ancêtres.

Au final, le livre est rapide (214 pages) et rythmé. Le scénario reste simple et cantonné à deux histoires qui se déroulent en parallèle : celles de Stéphane et de Jésus Light. La conclusion est bien loin d'être à l'eau de rose. L'ensemble se lit avec plaisir, sans que l'on reste marqué par l'originalité de ce polar qui n'en est pas trop un mais plutôt un roman d'action. Les avis de la quatrième de couverture me semblent donc un peu trop optimistes.

Marc Suquet

partager sur facebook :