Ce livre est plein d'araignées

David WONG

Super 8, 2015
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Charles Bonnot



John et David tentent de remettre leur vie à plat depuis les tragiques évènements de John meurt à la fin (Euh ? Oui, il s'agit d'un deuxième tome. Et non, je n'ai pas lu le premier. Comme quoi j'aime me compliquer la tâche.) Comme le dit si judicieusement la quatrième de couverture, John ne meurt pas tant que ça puisqu'on le retrouve ici. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si : 1) ils avaient déménagé hors de [confidentiel], ville bizarre où moult événements étranges se produisent 2) David n'était pas obligé de suivre une thérapie par injonction judiciaire après avoir tiré à l'arbalète sur un livreur de pizzas (on apprend pourquoi page 307) 3) John n'adorait pas pisser du haut du château d'eau après avoir surconsommé de la bière. La preuve, même pas un an après que John a finalement survécu, une araignée infernale s'attaque une nuit à David dans son lit. Et c'est le début de ce qui pourrait bien être l'extinction de l'humanité. Dans l'odyssée foutraque des deux compères, on croisera : des cow-boys à gâchette facile, des zombies, des esprits du mal, des militaires, aucune bimbo dévêtue (ce serait de mauvais goût !), des portes de toilettes très pratiques pour se déplacer et enfin un pistolet tragico-loufoque. Oh ! Et j'allais oublier Molly, le chien providentiel.

On est dans la droite lignée de la brèche ouverte par la quadrilogie du Livre sans nom. Une transposition réussie du cinéma grindhouse à la littérature. Comme je n'ai pas lu le premier roman de David Wong, je me suis laissée aller à ouvrir celui-ci sur la foi du résumé sur la jaquette. Bien m'en a pris. D'une lecture tout ce qu'il y de plus récréative, son déroulé est propice à la détente et également à la délicieuse crispation d'expectative qui saisit le lecteur en possession d'un thriller bien troussé. Les multiples allusions qui sont faites au premier tome ne gênent pas pour apprécier pleinement l'intrigue de celui-ci. Les personnages sont habilement dépeints, les différentes péripéties sont burlesques mais pas seulement. En réalisant un subtil équilibre entre le n'importe quoi et le classicisme, l'auteur peut être salué sur la maîtrise du genre dans lequel il exerce et qui n'est pas simple d'abord. Et c'est bien à ça qu'on reconnaît un écrivain de qualité : le sérieux qu'il met à écrire un récit qui ne l'est pas du tout. Laissez-vous tenter, vraiment, vous ne vous ennuierez pas.

Marion Godefroid-Richert

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