Mille Tempêtes

Tony SANDOVAL

Paquet, 2015



La jolie Lisa vit à la campagne chez sa marraine. Son père l'y a laissée à la mort de sa mère. Elle aime les petits os et les cailloux étranges, joue inlassablement avec deux petites poupées qui lui viennent de son enfance et s'enfuit dès qu'elle le peut dans les terrains en friche qui jouxtent son village. Un jour d'été, plus propice aux découvertes amoureuses qu'à la pondération de l'âge adulte, elle trouve un drôle de casque. C'est le début d'une aventure aux lisières du fantastique où l'adolescente va découvrir la vraie nature de son père et ses propres pouvoirs, en rencontrant le grand Ojdre, un démon capricieux qu'elle a par mégarde invité dans la réalité. Il ne faut pas jouer avec les crânes d'animaux inconnus : une leçon coûteuse pour une jeune sorcière.

On peut laisser de côté le scénario, un peu bancal pour être honnête. Pas tout à fait équilibré entre le côté fantastique et la chronique adolescente. On glisse un peu trop rapidement à chaque fois de l'un à l'autre dans le récit pour que cela ne nuise pas à sa cohérence. Ce qui fait tout l'intérêt de ce one-shot c'est l'incroyable virtuosité de l'auteur à l'aquarelle. On n'est pas loin de Carlos Nine et de son art du grotesque quand Tony Sandoval dépeint les démons et leur caverne souterraine. On peut également saluer la valse entre deux types de dessins suivant la réalité dans laquelle Lisa se promène, la normale et la fantastique. Les deux univers picturaux sont également maîtrisés, un enchantement pour l'oeil. Un petit coup de coeur de ma part pour cet album, malgré les défauts du récit. Presque à feuilleter sans le lire !

Marion Godefroid-Richert

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