Le Signe

Manuel GARCIA, Philippe THIRAULT

Glénat, 2016



Alex est un écrivain passé à côté de sa renommée. En panne d'inspiration, étouffant dans une vie de famille qui le rend triste et heureux à la fois, l'auteur sombre dans la dépression. Une rage noire gronde en lui tandis que son humeur massacrante est tisonnée par sa voisine du dessus, dont le talent discutable au piano lui scie dangereusement les nerfs...

Le scénario de Philippe Thirault, qui compose les trente pages de cette brève histoire en noir et blanc, nous livre l'atmosphère pesante d'un drame ordinaire. Résolument cinématographique, la mise en cases conserve un suspense horrifique digne des dernières productions filmiques du genre (Insidious, The Conjuring).

L'efficacité du scénario est à l'image du dessin. La tension du personnage, au bord de la rupture, se lit dans un trait gras qui se déforme tout comme la réalité autour. Manuel Garcia fait ici un travail d'orfèvre en simplifiant les contours pour un rendu angoissant.

Publié dans l'inégale collection Flesh & Bones, Le Signe est un de ces albums courts qui plongent immédiatement le lecteur au coeur d'une histoire prenante.

Alain


  

Gengis Khan

Marie FAVEREAU, Denis-Pierre FILIPPI, Manuel GARCIA

Glénat, 2014



Gengis Khan, franchement j'y connaissais que couic. A part son côté envahisseur, sa renommée impitoyable et le fait qu'il s'est beaucoup baladé en Asie, le reste, que dalle ! Je sors donc assez content de cet album, en ayant appris bien plus que les rudimentaires notions que j'ai pu énumérer. Et la présence parmi les auteurs de Marie Favereau, historienne, atteste du sérieux de l'album. J'ai d'ailleurs apprécié que les auteurs expliquent leurs choix dans la présentation du Khan, soulignant le manque de sources qui sont parfois contradictoires (on ne connaît pas exactement la date de naissance de Gengis Khan), mais aussi leur souhait de placer le lecteur dans le décor natal du Khan, les paysages de Mongolie.

L'album présente donc la vie de Gengis Khan, détaillant volontiers sa jeunesse. Le travail montre également l'aspect parfois (pas toujours, bien sûr !) humain du Khan qui enrôle ses prisonniers dans ses propres armées, tandis que d'autres chefs les passent par le fil de l'épée. Mais l'humanité de Gengis Khan n'est tout de même pas débordante : il a en effet tué son demi-frère alors qu'il était lui même adolescent et les têtes de certains de ses adversaires ont tendance à valser ! Et puis les historiens admettent que ses conquêtes ont été menées avec férocité.

Le lecteur ne trouvera pas de superbes dessins soutenus par un graphisme original. Mais, dès que l'on a compris que l'on est là dans une BD dont le but est d'instruire, alors Gengis Khan remplit parfaitement son rôle pédagogique.

Marc Suquet

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