Futurs foutraques

Sylvie DENIS

ActuSF, 2014



Sherlock Holmes et Watson enquêtent sur la lune, deux amoureux font une excursion dans le vide, un ordinateur piège des joueurs et une grand-mère verra (ou ne verra pas) les extraterrestres. Quatre nouvelles, quatre futurs pas si lointains, mais voudrait-on les vivre ?

Voilà un recueil que je n'aurais pas acheté de prime abord. C'est au cours d'une discussion où il fut question de confiture de melon que la curiosité (du ventre) s'est réveillée. Sur les quatre nouvelles, seule Les Voies de l'amour me demeure imperméable. Je ne rentre pas dedans. Il doit me manquer quelque chose, mais je reste agréablement surpris par les trois autres. D'autant plus que je ne suis pas un lecteur de nouvelles. Sous la plume de Sylvie Denis, je vois un Watson très anglais et plein de bonhomie, alors que Sherlock Holmes est imbuvable. S'il n'a pas sa petite enquête, il devient intenable. L'auteur le compare à un chien de chasse. Aucune humanité n'est possible dans cette machine à logique. L'enquête est particulièrement brillante. Elle montre encore une fois que "lorsque toutes les possibilités ont été éliminées, ce qui demeure... doit être la vérité". Même plongé avec son acolyte dans un monde de science-fiction, le roi des détectives reste imperturbable.

Quand on parle de logique, l'ordinateur est roi. Dans Spéléo.com, deux joueurs sont pris au piège d'un environnement virtuel. Est-ce tout ? Ce serait trop facile. Paul et Bernard sont des personnages qui ont chacun une façon de "jouer" différente. Rajoutez un étudiant censé surveiller et vous aurez une grande catastrophe. On reconnaîtra les profils de joueurs, mais aussi les "sécurités" des entreprises pour que tout se passe correctement. Heureusement, l'humain n'est pas logique.

Finissons avec cet exercice de style qu'est Ma grand-mère et les extraterrestres. En vingt et une pages et huit chapitres, Sylvie Denis relate le premier contact. Impossible de vous raconter l'histoire sans vous dévoiler l'intrigue. Tout aussi touchant qu'hilarant avec une pointe de gourmandise. Oui, la confiture de melon est importante.

Je connais une partie de l'oeuvre de Sylvie Denis parce que j'ai lu et apprécié Haute-Ecole, mais j'ai aussi découvert sa traduction du Protectorat de l'ombrelle. Ces nouvelles (une cinquantaine de pages) font voyager dans des mondes différents et totalement hallucinants. C'est un plaisir de la lire et de découvrir ses écrits. Le format numérique d'ActuSF est agréable et pas trop onéreux. C'est une bonne façon de (re)découvrir des auteurs. Je vous laisse, je vais fouiller le(s) catalogue(s).

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