Autobiographie d'une machine ktistèque

R. A. LAFFERTY

Actes Sud, 2014
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Guy Abadia



Voyez-vous, l'idée même de chroniquer ce roman me fait pousser de soupirs à fendre l'âme. Il en va de la littérature finalement comme il en va de la mode vestimentaire ou de la décoration intérieure, le vintage est tendance. Dont acte pour le présent opus. Ecrit en 1971, paru en 1974 pour la première fois chez nous, indisponible depuis plus de trente ans, écrit par un auteur très peu publié en France dont la spécialité est - je cite - "des histoires délirantes dont l'intrigue est souvent secondaire", je peux vous avouer aujourd'hui tout à fait franchement que je comprends très bien pourquoi on ne l'avait pas ré-édité avant. Je vais même me fendre d'une prédiction gratuite et complètement inconséquente : cette petite tentative de "redécouverte d'un génie méconnu" va sombrer dans les abysses des ratages éditoriaux. On nage dès les premières pages dans une ambiance surannée d'élucubrations psychédéliques. L'auteur fumait en écrivant ? Ou pas ? Il ne me fait pas envie de lui demander l'adresse de son dealer tellement il m'a ennuyée ferme. J'ai eu la désagréable impression en le lisant de m'immerger dans un appartement entièrement tapissé de papier peint orange et marron pisseux avec tapis-moumoute inclus. Un peu comme si je regardais Chapeau melon et bottes de cuir sans Patrick Mac Nee et Joanna Lumley. Je ne tenterai pas de vous en faire un résumé. Il vous suffira de savoir qu'il s'agit des blablateries d'une machine qui a accédé à la conscience, avec ou sans aide humaine (mais quelle importance ?). Je l'ai qualifié d'inclassable comme on dirait du Big Mac qu'il a été mis au point pour plaire au plus grand nombre, en ayant le moins de goût possible. Je n'ai pas dépassé le troisième chapitre, je m'ennuyais trop. La lecture fastidieuse de ce n'importe-quoi vaguement mystico-nombriliste m'a lassée. Je ne doute pas que l'auteur soit KULTE et topissime pour une infime portion de l'humanité, mais il faut croire que la tendance s'arrête aux portes du Finistère. Pitié, Actes Sud, je suis certaine que vous pouvez trouver mieux que ça dans vos cartons au grenier.

Marion Godefroid-Richert

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