Le Linge sale

Sébastien GNAEDIG, Pascal RABATE

Vents d'Ouest, 2014



Pierre Martino s'est tapé quelques années de prison. Normal : un meurtre à la carabine, ça le fait pas. Ce qui le fait encore moins, c'est de se gourer de victime : au lieu de flinguer sa propre femme et son amant, Martino dessoude un autre couple... par erreur. Pas de bol. Alors, à peine sorti, Pierre Martino n'a plus qu'une idée en tête : se venger et réussir le coup qu'il a foiré vingt années plus tôt...

Voilà un album agréable, pour une histoire intéressante. Martino la rumine depuis longtemps, sa vengeance. Il suit son ex et épie sa nouvelle famille un peu borderline, les Verron. Son rival est un vrai macho, un de compet' comme on n'en fait plus. L'occasion d'un portrait cynique d'une famille marginale, arnaqueuse et au final pas très sympa dans laquelle on se demande un peu comment l'ex de Martino a pu se faire embarquer.

L'album en reste au stade de l'agréable. Le scénario manque un peu d'originalité et de punch. L'ensemble est un peu froid et le dessin assez atone n'exprime guère l'ambiance colorée qui devrait pourtant se dégager de cette histoire. Pas désagréable mais sans plus, donc.

Marc Suquet


"Tu forces le trait."

C'est en paraphrasant un des personnages secondaires que l'on peut résumer Le Linge sale.

En voulant montrer le désir de vengeance face à une France d'en bas caricaturée, l'auteur nous fait presque oublier le scénario original : Martino, agent commercial, écope de vingt ans de placard pour avoir tué par erreur un couple de tourtereaux, pensant assassiner sa Lucette qui le rendait cocu avec un rustre dans un motel miteux. Relâché pour bonne conduite, Martino est toujours obsédé par l'idée d'assouvir sa vengeance. Il retrouve son ex-compagne dans la cambrousse de Cholet. La Lucette a en effet refait sa vie avec son amant, refondant une famille, délaissant une vie confortable d'il y a vingt ans pour un taudis mal famé et un QI familial rasant les pâquerettes.

A force de trop exploiter la moelle du genre (la vendetta du mari jaloux) et les personnages (oui on a compris, ce sont des beaufs), l'histoire passe à côté de son sujet. Dommage. Car les trouvailles et les dialogues sont là, parfois.

"Tu forces le trait."

Alain

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