Celui qui part

Paul CAUUET, Wilfrid LUPANO

Dargaud, 2015
Les Vieux Fourneaux, T. 3



Le retour des vieux qui assurent. On les retrouve pincés par les flics dans une manif durant laquelle, déguisés en abeilles, ils attirent l'attention du public sur la mort de leur insecte fétiche au nom de leur collectif "Ni yeux ni maîtres". Dans ce troisième tome, le héros, c'est Mimile. Et, le Mimile, il a vécu : la pêche au gros en Australie, des bagarres dans des rades avec son pote Errol, des plongées au milieu des requins pour récupérer des trésors... Quel caractère, ce Mimile, comme ses potes !

J'avais kiffé le premier tome et été déçu par le second. Dans ce troisième tome, on retrouve la fine équipe, plus en forme que ses artères, plus râleuse que jamais. C'est sympa et drôle et on ne s'embête certainement pas. Mais on n'atteint toujours pas le niveau du premier tome : l'effet de surprise initial ?

Marc Suquet


  

Ceux qui restent

Paul CAUUET, Wilfrid LUPANO

Dargaud, 2014
Les Vieux Fourneaux, T. 1



Ils arrachent trop du string, les papys ! Réunis pour la crémation de Lucette, la femme d'un des trois, ils se souviennent de leur passé. Celui de Lucette qui quitte l'usine pharmaceutique pour monter un théâtre ambulant. Antoine, le mec de Lucette qui l'a un peu trop laissée tomber pour les réunions syndicales, ou encore Mimile, tatoué de partout et qui doit être le seul blanc à avoir joué au rugby contre les îles Samoa !

Y a du syndicalisme et du lourd. Jeune, on hésite pas à casser une machine à la masse quand le patron souligne qu'elle fait mieux son travail que l'employé.

Côté style, ils ne sont pas non plus de tout repos, les papys : "Tu peux me dire pourquoi tu embarques du pain à une crémation ? Tu veux te faire des tartines grillées ?", ou encore "A nos âges, y a plus guère que le système qu'on peut encore besogner". J'adore aussi l'Antoine qui du haut de ses rares cheveux blancs débarque dans les réunions familiales en clamant "Y a de la gonzesse !" Des trouvailles superbes : Pierre est membre de ni yeux ni maîtres, une asso de vieux aveugles anars qui met le boxon dans les soirées branch. Et puis un romantisme d'airain saisit Antoine lorsqu'il apprend que le patron de l'usine pharmaceutique, Garan-Servier (ca vous rappelle rien ce nom pour un labo ?) était l'amant de sa Lucette !

Ils ont de la personnalité, les papys, mais aussi plein de coeur. C'est drôle, enlevé, touchant. On ne peut que les trouver sympas, les papys. J'adore !

Marc Suquet


Un vent frais provenant d'une histoire de vieux.

Non, on ne parle pas de relents gastriques intempestifs, mais d'un zéphyr de nostalgie soufflant sur une histoire sincère.

Ainsi peut-on décrire Les Vieux Fourneaux. Emile, Antoine et Pierre sont amis de très très longue date. Se retrouvant pour l'enterrement de Lucette, la défunte épouse d'Antoine, les trois compères évoquent le passé et ressortent de vieilles rancunes.

Entre syndicalisme acharné et patronat de la bouffe, entre scène crédible et loufoquerie de cartoon, entre squelettes dans les placards et polichinelle dans le tiroir, ce premier tome nous invite en 56 pages dans l'intimité d'une amitié durable. Les flashbacks et les scènes secondaires à l'histoire donnent une profondeur incroyable au récit, mettent en abîme les personnages en nous donnant des clés de compréhension sur leur personnalité.

Le dessin soigné et le trait espiègle rendent la lecture fluide. Mais au-dessus de tout, loin là-haut dans les nuages, cet album se démarque par ses DIALOGUES.

Les bulles sont remplies à ras bord d'un parler vrai audiaresque, duquel les générations représentées se saisissent sans accrocs. Et pourtant ce n'est pas de la tarte.

Mais il paraît que c'est dans les vieux fourneaux qu'on fait les meilleurs gâteaux.

Alain

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