Les zombies n'existent pas

Emanuel DADOUN, Sylvain ESCALLON

Sarbacane, 2013



Un doigt coupé, une expression démoniaque tracée au sang sur le mur et une victime illustrement inconnue. C'est le scénario auquel obéit le tueur. Le tueur : Piquier, qui opère dans plusieurs villes françaises. Mais il y a un hic : Piquier est déjà mort et enterré... Alors Kowalski, le flic désabusé, aura bien du mal à sortir de sa logique pour attraper le tueur.

C'est la première BD de Sylvain Escallon. Pour un premier album, c'est sacrément prometteur. Bien sûr, le scénario n'est pas de lui mais d'Emanuel Dadoun, un jeune auteur amateur de Manchette qui s'est arrêté au milieu de son DEA de philo. Mais la découpe du scénario réalisée par Escallon est prenante et l'atmosphère du dessin, noire de chez noir. Une atmosphère plantée par les grandes surfaces uniformément noires, les regards angoissés, les visages fatigués, les gros plans sur certaines parties de visages...

Et puis, qui donc est ce vieux mexicain en poncho qui semble gravement fumer la moquette ? Alors doucement, tout doucement, l'inspecteur Kowalski sortira de sa logique d'enquêteur. La solution est bien loin de Brest, Rennes ou Angers, les terrains de chasse habituels de Piquier. Il faudra à Kowalski une bonne dose d'imagination pour résoudre l'affaire.

Un bon polar, bien noir et bien angoissant. Avis aux amateurs de BD : Sylvain Escallon est un nom à retenir. A vingt-trois ans, il a encore du temps devant lui pour nous produire encore quelques beaux albums !

Marc Suquet

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